Besoin d’apprendre une langue? Nos 5 astuces pour trouver le bon prof

By 11 septembre 2017 septembre 20th, 2017 Apprentissage, Langues

Vous voulez apprendre l’anglais, vous avez besoin de parler russe pour des raisons professionnelles, ou vous venez d’arriver à Londres ou Moscou et vous rêvez de mieux comprendre ce qu’on vous raconte, sans devoir vous forcer à rire aux blagues que vous n’avez pas comprises… Que ce soit pour progresser ou pour apprendre une langue en partant de zéro, le meilleur moyen est de trouver la bonne personne.


APPRENDRE UNE LANGUE : PAR OÙ COMMENCER?

On a tous déjà vu ou rencontré quelqu’un au bar, à la télé ou sur Youtube, qui nous a impressionné par son talent. Qu’il soit dresseur, chanteur, guitariste, polyglotte, jongleur… Et le constat immédiat est assez simple en général : « Moi, je ne peux pas faire ça », voire « Moi, je ne pourrai jamais faire ça ».

Apprendre une langue rapidement avec La méthode SLT

Pour ceux qui se posent la question « Comment a-t-il fait? » la réponse est brutale et se résume en un mot : l’apprentissage.

Personne ne naît jongleur, et personne ne naît en parlant 3 langues. Un nouveau né parle une seule langue : la sienne, et elle est très éloignée de la notre!

Vérifiez avec votre nourrisson… ou empruntez celui d’un ami si vous n’en avez pas (pensez à lui rendre ensuite, ceci n’est pas une invitation au kidnapping 🙂 ) : aucun bébé n’est capable de jouer d’un instrument, ou de dresser un lion, ni même un caniche, parce qu’il n’a pas encore appris.

Il faut donc commencer par apprendre. Ça passe par beaucoup d’observation, d’écoute, d’expérimentation, d’erreurs… et de pratique!

 

COMBIEN DE TEMPS POUR APPRENDRE UNE LANGUE?

Un auteur américain a calculé qu’il fallait plus de 10 000 heures de pratique pour atteindre le niveau d’un grand expert international, quel que soit le domaine.

10 000 heures pour apprendre une langue?

10 000 heures??

 

10 000 heures pour devenir l’un des meilleurs aux monde! Mais beaucoup moins pour atteindre un objectif plus humble, du moins dans un premier temps.

Car notre espèce n’a pas mis les pieds sur la Lune avant d’avoir d’abord appris à voler, et avant ça, comment utiliser le pétrole pour propulser un véhicule.

Apprendre une langue rapidement, c’est possible aujourd’hui, il faut juste avoir un peu de méthode, et y aller par étapes.

Rome ne s’est pas faite en un jour, et vous ne pourrez pas « apprendre une langue en 3 semaines », car votre cerveau a besoin de plus de temps pour absorber puis « digérer » une telle somme d’informations, afin que vous puissiez l’utiliser ensuite dans vote quotidien.

Notre temps est précieux à l’ère d’internet et de l’océan de possibilités qui s’offrent à nous, et la question « Combien de temps? » est donc au coeur de nos préoccupations.

La réponse : quelques mois, avec une vraie personnalisation, une bonne connaissance des méthodes et de deux langues minimum – votre langue maternelle et celle que vous voulez apprendre (que l’on appellera parfois « langue cible »).

La motivation est l'une des clefs pour apprendre une langue

Il faudra donc tenir un peu plus longtemps que les quelques jours ou semaines promis par certaines publicités… Et plus le temps passe, plus augmentent vos chances d’être distrait. Et plus la motivation initiale, la curiosité du débutant, la fameuse étincelle, risque de s’affaiblir.

C’est pourquoi, lorsqu’on n’est pas expert nous même (bilingue, amateur de linguistique appliquée ou de neurosciences par exemple), c’est plus facile si l’on a quelqu’un à nos côtés.

Quelqu’un de disponible pour nous soutenir, nous rassurer et nous guider… au lieu de rester seul dans notre coin en attendant d’être frappé par la lumière divine, ou d’être – enfin – doté du fameux « don » pour les langues, que l’on est persuadé de ne pas avoir en nous.

Ce « don », aussi fameux que fictif, n’a en réalité aucun fondement scientifique.

Personne ne naît « bon » ou « mauvais » en langues.

Apprendre une langue se fait progressivement, il faut y aller par étapes

Laissez-moi le temps d’apprendre ! 🙂

 

Ce n’est qu’un cliché de plus qui nous empêche de progresser, en nous présentant quelque chose comme inaccessible… Très courant dans notre société hypermédiatisée, qui crée du spectacle avec tout ce qui sort de la « norme » (on revient au polyglotte jongleur mentionné plus haut 🙂 )

Seul, il est très facile de s’essouffler avant d’avoir atteint son objectif. Il faudra donc en général solliciter l’aide d’un expert à un moment donné de notre apprentissage.

Appelez les comme vous voulez : professeurs, formateurs, mentors, tuteurs, coachs… Leur métier est le même : ils transmettent leurs connaissances en langues.

 

COMMENT CHOISIR LE BON PROF?

Les formateurs en langues sont comme des cuisiniers : certains sont plus impliqués ou expérimentés que d’autres, mais ceux qu’on retient ont en commun la recherche, la création, le renouvellement constant, la curiosité… en un mot : la passion.

Il est plus facile d'apprendre une langue avec la bonne personne

Ils créent des ponts entre les cultures à travers cette passion dont ils ont fait leur métier. Ils aiment transmettre. C’est en goutant leurs plats que l’on se rend compte de leur talent : connaître un seul hachis Parmentier ou une seule Poutine ne vous permettra pas de comparer et de choisir celui ou celle que vous préférez.

Ils recherchent le plaisir et la satisfaction de leurs hôtes, car eux-mêmes ne sont jamais plus satisfaits que lorsque leur travail est apprécié. De même, rien ne rend plus heureux un prof que de voir ses élèves réussir.

Les ingrédients du prof ou du formateur sont ses supports (texte, vidéo, audio, images), ses plats sont ses cours et formations. Il aime construire un véritable rapport humain avec ceux qui y goûtent afin de mieux les connaître et pouvoir adapter ses recettes à leurs goûts et besoins.

Et surtout, il n’oublie jamais l’essentiel : apprendre une langue doit rester un plaisir!

Apprendre une langue doit rester un plaisir

 


LA (RE)DÉCOUVERTE DES SAVEURS :

Lorsque j’étais à Londres, la variété ne manquait pas au niveau des saveurs, et j’ai découvert beaucoup de choses que j’étais loin de soupçonner, moi qui suivais un régime basé sur les produits industriels, les pizze et les hamburgers.

Il y a plusieurs années, dans un quartier où j’ai habité, un restaurant en particulier m’a marqué plus qu’un autre : Caspian.

Son nom évoque la mer Caspienne, qui borde de nombreux pays, dont la Russie et l’Iran. Maintenant qu’on a planté le décor avec deux pays dont vous avez forcément entendu parler, essayez de me décrire la cuisine de ce dernier… Difficile? J’en étais incapable il n’y a pas si longtemps. Si vous ne vivez pas dans une grande ville, il y a de grandes chances que vous n’ayez jamais mis les pieds dans un restaurant iranien.

Apprendre une langue permet d'enrichir ses expériences

Le restaurant fait référence à la culture antique de ce pays, puisque on y parle de cuisine « perse » et non « iranienne ». La culture et la mythologie perse antique y sont donc à l’honneur au travers d’une décoration qui sent bon le retour aux sources. Si vous passez dans le coin, n’hésitez pas à y faire un saut, vous serez accueillis par une équipe très chaleureuse.

Comme dans de nombreux restaurants londoniens, les tarifs particulièrement attractifs vous invitent à y retourner pour essayer de nouveaux plats, et nous avions la chance d’habiter… sur le trottoir d’en face.

Depuis, malgré les années passées, le mot « Fesenjan » est resté gravé dans ma mémoire, comme le symbole de la synthèse parfaite du talent culinaire du moyen orient : une viande fondante et parfumée, enrichie d’une sauce combinant harmonieusement l’intensité des fruits secs avec la fraicheur des agrumes.


Certains grands cuisiniers ne vous marqueront pas, leurs saveurs ne séduiront pas vos papilles, c’est comme ça. Peu importe leur réputation ou ce qu’en pensent ceux qui vous l’ont conseillé, cette cuisine là n’est simplement pas votre tasse de thé. D’autres, en revanche, font des plats inoubliables juste au coin de la rue.

Il faut souvent essayer plusieurs versions du même plat pour en trouver une qui vaille le détour, et cela implique une forme d’apprentissage : prendre conscience petit à petit des paramètres qui font une bonne cuisine. Une que vous appréciez. Un restaurant où vous retournez avec plaisir, parfois même des années après votre dernière visite, parce que ses plats vous ont marqué à l’encre indélébile.

 

PROFS, CUISINIERS : DE VÉRITABLES ARTISTES CRÉATEURS!

Un bon chef de cuisine sait revisiter les classiques pour leur donner une nouvelle jeunesse. Comme en musique, lorsque la reprise surpasse l’originale, le formateur passionné vous fera goûter à un plat dont vous ne sentirez même pas l’ingrédient principal s’il est bien retravaillé, un peu comme dans cet épisode de Top-Chef avec le poisson pané.

Ces artistes savent saupoudrer et nous faire apprécier grammaire ou orthographe d’une manière qu’on ne croyait même pas possible, au travers d’exercices ludiques, ou d’exemples plus naturels que ceux distribués au kilo par les grandes maisons d’édition. Enrichir son vocabulaire devient un plaisir insoupçonné, alors que ce n’était qu’une corvée soporifique en fin de collège.

Comme tout cordon-bleu, il peut servir un bon steak frites occasionnellement, mais il est surtout passionné par la recherche et la création, voire l’improvisation. Les scientifiques et les artistes savent bien que c’est en provoquant l’imprévu qu’on crée l’insoupçonné.

Comme le disait Frank Zappa : « Apprends les règles comme un pro, brise les comme un artiste » (« Learn the rules like apro, break them like an artist »)

Apprendre une langue est quelque chose de naturel au départ. Après tout, on commence à manger au même moment qu’on commence à entendre sa langue maternelle. Il est donc important de pouvoir s’adapter aux centres d’intérêts variés de ses élèves.

Un bon prof peut parler sport, cuisine, ou utiliser les paroles de chansons récentes pour aider son élève à assimiler une notion délicate.

Il possède des ingrédients variés, qu’il sélectionne, combine, prépare et adapte aux besoins de ceux qu’il sert, pour créer des plats en fonction de leurs commande, des dernières recherches, des saisons, etc.

Si les meilleurs cuisiniers font des plats qui nous impactent à vie, les meilleurs formateurs nous apprennent des choses qui nous changent la vie.

On commence à apprendre notre langue maternelle lorsqu'on commence à se nourrir

Pensez à votre plat préféré : pensez aux couleurs, au parfum, à la texture lorsque vous y plongez votre fourchette (ou cuillère pour les amateurs de dessert), puis au goût et enfin à la sensation de plaisir intense. Fermez les yeux.

Ces sensations s’inscrivent dans notre esprit bien avant les données « factuelles » liées au plat: la liste d’ingrédients, le prix, l’âge du serveur, la quantité, etc.

Et maintenant que ces sensations sont gravées en vous, le plaisir provoqué par ce plat unique vous pousse à mémoriser de nouvelles choses, comme les moyens qui vous permettront de revivre cette expérience. C’est ainsi que vous allez progressivement arriver à plusieurs étapes de questionnement.

Allez-y, faites le test et voyez si vous avez les réponses à ces questions : Qui a fait ce plat / où l’ai-je dégusté? Pourquoi CETTE version vaut 100 fois celles goûtés avant? Quels ingrédients le rendent unique? Qu’est ce que ces ingrédients, ou la préparation, ont de spécial? Ou bien était-ce la sauce?…

 

LE FORMATEUR EN LANGUES : UN EXPERT PASSIONNÉ PAR SON MÉTIER

Le bon cuisinier est constamment à la recherche des meilleurs ingrédients : le poisson le plus frais, la meilleure charcuterie, les fruits du pays et de saison.

Il connait les produits et les techniques utilisées pour les produire, et il peut expliquer pourquoi tel ou tel produit est de bonne qualité, ou le mieux adapté pour répondre à l’envie du moment.

Dans l’univers des saveurs, son partenaire le sommelier doit lui aussi connaitre les éléments qui font un grand cru, pour l’aider dans sa sélection. Il ne se contente pas d’attraper la première bouteille qu’il voit sur l’étagère au Spar du coin pour son restaurant ou ses amis.

Comment trouver un expert passionné pour apprendre une langue rapidement

De la même manière, la prof d’espagnol ou d’italien passe un temps considérable à chercher des supports de qualité pour ses cours. Jusqu’à plusieurs heures chaque jour, pour les plus passionnées.

Le gastronome a ses adresses et sait vers qui se tourner quand il a besoin de fraises des bois pour son dessert. Il vous surprendra régulièrement avec de nouveaux produits, terroirs, ingrédients ou cuissons, selon les dernières découvertes gastronomiques, voire scientifiques, et ses propres expériences culinaires. De même, le professeur actualise ses séances et séquences en fonction des réactions des élèves et des dernière recherches.

Le cuisinier utilise les nouvelles technologies pour trouver ses produits et de nouvelles idées et améliorer sa cuisine, le formateur enseigne aussi par webcam pour aider ceux qui vivent loin des centres de formation. Il sait utiliser Youtube et Google pour trouver podcasts, articles d’actualités et autres supports directement à la source.

On peut apprendre une langue plus rapidement aujourd'hui en combinant certaines traditions pédagogiques millénaires et les dernières technologies, comme la webcam par exemple

La méthode socratique, un outil incontournable depuis plus de 2000 ans

Le prof saura combiner les recherches les plus récentes avec les traditions ou les principes les plus intemporels, comme par exemple les avancées des neurosciences avec la méthode socratique. Ces combinaisons lui permettent d’aller plus loin, de partager ses découvertes et de s’adapter plus rapidement.

De manière générale, le gastronome comme le pédagogue aiment la découverte, et les voyages sont donc très importants pour eux.

On sait tous que l’un des meilleurs moyens d’apprendre une langue est de l’utiliser pour découvrir de nouveaux endroits et rencontrer de nouvelles personnes.

 

C’est pourquoi un bon prof de langues adore voyager, et n’a pas peur – pardon, est IMPATIENT – d’apprendre de nouvelles choses, afin d’enrichir encore ses connaissances.

Car on n’a jamais fini d’apprendre une langue et ses subtilités, comme on n’a jamais fini de découvrir de nouveaux plats. 🙂

 

POUR RÉSUMER : 5 ÉLEMENTS CLÉS POUR DÉNICHER LA PERLE RARE

1) La créativité, la recherche constante de nouveauté. Le formateur passionné ne PEUT PAS répéter constamment les mêmes choses de la même façon avec tout le monde. C’est contre sa nature. Si vous n’avez pas compris, il reformulera son explication, car il sait que chacun peut réagir différemment à une nouvelle information pas encore parfaitement claire.

2) L’adaptation : Il suit les tendances, et surtout connaît son milieu professionnel et ceux qui l’influencent (s’il ne l’influence pas lui -même?). Il s’adapte rapidement et n’a pas peur de tomber en tentant une nouvelle figure de freestyle. Ses cours sont vivants et vous avez de grandes chances de vivre une expérience qui va changer votre perception.

3) La passion : Il aime transmettre, et donc communiquera volontiers sur ses « recettes » de professeur. Il ne pourra pas vous expliquer l’actualité du Royaume-Uni uniquement à coup de slogans ou de petites phrases, car le sujet est bien trop riche pour être résumé en quelques mots.

Il écoute avec patience et intérêt la critique pour comprendre ce qu’il va devoir adapter afin de satisfaire des demandes plus difficiles. Il n’a pas peur des nouveaux défis, il sait que tout est question d’adaptation.

4) La polyvalence : Il aime la variété. On n’apprend pas à parler anglais juste en lisant ou en faisant des recherches, pas plus qu’on ne développe son expression orale uniquement en travaillant sa prononciation devant un miroir. Il faut pouvoir tout faire (mais pas tout en même temps…)!

La variété est un autre ingrédient majeur si vous voulez apprendre une langue

Il vaut mieux donc trouver quelqu’un aux expériences variées, capable de prendre du recul pour mieux analyser les difficultés de ses élèves, et trouver ainsi plus facilement des solutions adaptées à chacun.

C’est la différence entre l’étudiant qui n’a cuisiné que chez Mac Do et le professionnel qui  a expérimenté différentes traditions culinaires : ses plats sont plus chers, mais ils nous épargnent quelques maux de ventre…

Un bon prof d’espagnol ou de russe aura enseigné dans différentes situations et face à différents élèves. Si vous avez trouvé la perle rare, elle ne se contente pas de vous faire lire du Cervantes ou du Néruda. Elle connaît Narcos et Daddy Yankee, et possède au moins quelques notions dans d’autres langues.

5) Il sait ce qu’il vous faut. C’est face à l’insistance d’une de mes élèves, persuadée qu’elle ne pouvait comprendre le français qu’avec des séries sous titrées en français, que j’ai compris son vrai problème… Elle n’entendait pas bien les sons de sa langue cible. Il fallait donc qu’elle commence par développer son oreille, pour pouvoir mieux entendre les sons spécifiques du français.

Impossible autrement de comprendre les mots, et donc de suivre sa série préférée…

Les sous-titres ne lui auraient pas permis de travailler autre chose que la lecture à court ou moyen terme. Elle se préparait donc à de nombreuses frustrations dans son apprentissage, et un échec fort probable, si j’avais simplement réalisé ses désirs.

Il fallait d’abord identifier le problème, sa cause, et les exercices adaptés à son niveau et son rythme.

Un formateur qui n’écoute pas suffisamment son élève peut le retarder sans même s’en rendre compte. Chaque apprenant a des besoins spécifiques, et il est essentiel de bien les identifier pour l’aider à s’élever et à progresser.

Stéphane Bassani

About Stéphane Bassani

Professeur et formateur en langues, fondateur de la méthode SLT.

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